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Monter son entreprise en France ou à l’étranger ?

La question est légitime dans une démarche de créer une entreprise, lorsque l’on sait que certains pays sont particulièrement propices aux affaires, monter son entreprise en France ou à l’étranger aura de vraies conséquences.

Débuter son activité est toujours une prise de risque importante et décider de monter son entreprise à l étranger augmente ce risque.

Voyons tout d’abord les principales raisons qui poussent les Français à s’expatrier pour construire leur business.

Une forte pression fiscale 

En premier lieu, il faut citer la forte pression fiscale qui existe en France. Et ce n’est pas un mythe. Si on ajoute les taxes sur les sociétés, les charges patronales et salariales, on constate que notre pays figure parmi les plus gourmands en Europe et même dans le monde en matière d’imposition des entreprises ! Ceci dit, afin d’avoir une vision précise de ce qu’une entreprise doit verser à l’état, il est préférable de consulter le site internet de la direction générale des finances publiques, car l’imposition peut varier de façon substantielle selon le chiffre d’affaires, le type d’entreprise, certaines exceptions, niches, etc.

Malgré cela, la comparaison avec certains pays proches comme le Royaume-Uni ou l’Irlande fait vraiment mal. Ces deux pays voisins se livrent une véritable guerre commerciale dans le but d’attirer le plus d’entreprises étrangères possible. Le Royaume-Uni a largement baissé l’impôt sur les sociétés au cours des dernières années. De plus, cette terre de marchands et de commerçants propose un environnement idéal pour le business. Avec sa réputation d’état libéral, Londres et son statut de place financière de niveau mondial et la facilité avec laquelle on peut créer son entreprise, la « Perfide Albion » apparait dès lors beaucoup moins inamicale pour les jeunes entrepreneurs en herbe qui se lamentent de l’autre côté du Channel. De plus, il faut souligner qu’en Angleterre, les charges sociales sont beaucoup plus faibles que chez nous. 

L’autre eldorado de la création d’entreprise en Europe, c’est l’Irlande. On peut même affirmer que les Irlandais sont les champions, avec des taux d’imposition sur les sociétés qui dépassent à peine les 12 %. Grâce à ces efforts phénoménaux, le gouvernement irlandais a eu le plaisir de voir des géants mondiaux venir s’installer du côté de Dublin. Ainsi, Google et Apple ont choisi le « tigre celtique » pour implanter leur siège européen. En outre, ce pays possède l’avantage de faire partie de la zone euro. 

Si l’Europe ne vous intéresse pas ou semble trop peu dépaysante à votre goût, regardez vers l’Asie et notamment Hong Kong. L’ancienne colonie britannique figure régulièrement dans les premières places des classements concernant l’environnement des affaires et la création d’entreprise. À titre d’exemple, Hong Kong ne prélève pas d’impôts sur les activités internationales effectuées par les sociétés implantées sur son territoire et seulement 16 % en ce qui concerne les échanges commerciaux à l’intérieur de cette région administrative spéciale appartenant à la République populaire de Chine. Singapour possède également une excellente réputation et attire de nombreux investisseurs et hommes d’affaires.

Un carcan administratif étouffant

Un autre aspect repoussant pour les entreprises qui souhaitent s’implanter dans l’hexagone ou pour les jeunes entrepreneurs, c’est la lourdeur administrative. De nombreux hommes d’affaires se plaignent en effet de l’éclosion permanente de nouvelles réglementations, qui par là même occasionnent des contraintes inédites. Il faut également parler du code du travail et de ses 3000 pages, des fameuses 35 heures, etc. Malgré les simplifications mises en place par les derniers gouvernements en charge, l’administration a du mal à redorer son blason et elle est encore perçue comme un frein à la création d’entreprise par certains.

En ce qui concerne la création d’entreprise, justement, les démarches administratives qu’il faut accomplir ne sont guère réjouissantes. Un sondage récent montrait que plus de 30 % des entrepreneurs français rencontraient des difficultés liées à l’exécution des formalités administratives. L’immatriculation d’une société en France est une démarche qui prend du temps. Après l’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés, il est nécessaire de réaliser un Kbis, qui est un document officiel attestant l’existence juridique d’une société en France. Il doit être certifié par un greffier. Pour finir, une annonce légale doit être effectuée. Pour être honnête, il faut ajouter que ces démarches sont rendues plus rapides et pratiques que par le passé grâce à des plates-formes internet qui fonctionnent bien. 

Cela étant dit, amorcer une aventure entrepreneuriale à l’étranger n’est pas synonyme de succès garanti, loin de là. Malgré la présence en son sein de toutes les conditions favorables réunies pour incorporer une affaire, un pays étranger peut parfois renfermer des difficultés qu’il est difficile de prévoir.

Les difficultés d’incorporer son entreprise à l’étranger

Ainsi, les entrepreneurs français qui s’installent à l’étranger ont trop tendance à se focaliser sur des aspects purement économiques et à ignorer d’autres facteurs pourtant cruciaux. Par exemple, il est indispensable de se renseigner sur les us et coutumes du pays que l’on vise. Sans une bonne compréhension du marché local et de ses habitudes, il est impossible de répondre aux attentes des clients et de s’imposer.

Il en va de même pour l’administration. Nous avons pointé du doigt les défauts de l’administration française, mais si vous avez déjà rencontré des entrepreneurs partis vivre l’aventure en Afrique ou en Asie, vous savez que les interactions avec certaines administrations peuvent se révéler complexes. Ces interactions peuvent même faire capoter des projets pourtant bien ficelés à la base. 

Parfois, l’entrepreneur étranger va devoir apprendre à jouer avec les règles ou bien même se frotter à la corruption, ce qui peut s’avérer dramatique dans des pays qui punissent fortement de tels actes, tout en fermant les yeux sur leur pratique. Il faut être conscient également que certaines régions du monde souffrent d’instabilité économique chronique. Nous avons parlé de l’Afrique, mais la situation économique de l’Argentine et du Venezuela en Amérique du Sud est plus que préoccupante et il est difficile de prédire une quelconque amélioration à moyen terme. 

Tout ce qui concerne les infrastructures, la logistique et l’organisation a tendance à être sous-estimé par nos entrepreneurs. Hélas, peu de pays peuvent se targuer de posséder des réseaux de transport et énergétiques aussi performants que ceux de la France. Il en va de même pour la protection sociale, les soins médicaux et la retraite dont nous bénéficions en France. Quid de tous ces avantages sociaux à l’étranger ? Des solutions existent, comme la Caisse des Français de l’Étranger. Ceci dit, vous devez être conscient qu’il faudra prévoir des solutions locales et complémentaires pour tous ces sujets dans de nombreux pays.

Après réflexion, on s’aperçoit que la réalisation d’un projet entrepreneurial à l’étranger demande énormément d’effort en matière de connaissances culturelles, linguistiques et de recherche sur la façon de travailler locale. Dans un pays tel que la Chine, l’environnement économique varie fortement selon la province dans laquelle vous déciderez d’investir, alors un long travail de recherche est nécessaire avant de se décider.

Au Brésil, par exemple, ce n’est pas évident de trouver des partenaires locaux. Tout fonctionne par recommandation, alors il faut être patient avant de pouvoir rencontrer les bons interlocuteurs et ce qui compte, c’est d’être recommandé. 

Un grand nombre d’investisseurs et d’entrepreneurs choisissent de prendre un partenaire local. Cela peut s’avérer être une bonne décision dans la mesure où une certaine méfiance vis-à-vis de l’étranger est perceptible dans beaucoup d’endroits sur terre, et les hommes d’affaires ou les autorités préfèrent dialoguer avec une personne du cru. Cette alternative présente aussi des dangers qui peuvent détruire l’entreprise, comme des transferts de technologies qui n’étaient pas prévus. 

La décision de s’expatrier afin de créer une société ne présente donc aucun gage de réussite.

D’ailleurs, on estime que la moitié des entreprises qui sont créées hors de France par des compatriotes sont des échecs pour les raisons précitées, entre autres. 

Un autre aspect majeur à prendre en compte, c’est la situation familiale. Il est nécessaire d’envisager un milieu scolaire de qualité pour vos enfants, si vous en avez. De même que votre compagne/compagnon devra trouver sa place dans un environnement nouveau. Alors, posez-vous les bonnes questions : est-ce que le pays où je rêve de m’installer possède un lycée français ou des écoles de qualité et abordables ? Est-ce que mon conjoint pourra facilement trouver un travail ? Etc.  Vous-même, rien ne garantit que vous vous adaptiez à une culture différente, que vous réussissiez à maîtriser une langue étrangère difficile, ou que votre vision du pays hôte ne change pas après seulement quelques mois sur place. 

Il n’y a pas de secret. Pour réussir à l’étranger, vous devrez bénéficier d’une préparation sans faille. Il est fréquent de décider de s’installer dans un pays donné et d’y créer son entreprise après avoir eu un coup de cœur lors de vacances. Attention, car la situation d’un vacancier et celle d’un expatrié sont totalement différentes. Le mieux est de bien se renseigner sur le pays dans lequel on souhaite s’implanter et d’avoir un projet d’entreprise solide et parfaitement adapté au marché local. 

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