Rédigé par

Etienne Alcouffe

Voici 10 Licornes françaises qui bouleversent leurs industries

mai 10, 2019

Dans le milieu des startups et de la nouvelle économie, on parle souvent de dénicher une nouvelle licorne. Alors rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une quête d’un des épisodes de Rainbow Brite ou du sourire du dragon, mais bien d’une entreprise.

 

Mais pourquoi certaines startups ont-elles un tel titre comme Uber ou Airbnb ? Ce nom est-il réservé uniquement aux startups appartenant à un secteur d’activité spécifique ? C’est quoi une licorne (ou unicorn en anglais) ?

 

Le terme licorne a été inventé en 2013 dans la Silicon Valley aux USA par la fondatrice de Cowboy Ventures, Aileen Lee, lorsqu’elle a évoqué les 39 startups évaluées à plus d’un milliard de dollars. Le terme a été utilisé pour mettre l’accent sur la rareté de telles startups, la définition est restée la même depuis.

 

Cependant, le nombre de licornes a beaucoup augmenté. Combien de licornes y a-t-il dans le monde ? Selon un rapport de CBInsights, il y aurait 197 licornes dans le monde, dont beaucoup d’Américaines et Chinoises.

 

Le top 5 étant : Uber, avec une valorisation de 68 milliards de dollars, Didi Chuxing, avec une valorisation de 56 milliards de dollars, Xiomi, avec une valorisation de 46 milliards de dollars, Meituan Dianping, avec une valorisation de 30 milliards de dollars, et Airbnb, avec une valorisation de 29,3 milliards de dollars.

 

En moyenne, environ 4 licornes naissent chaque année. Mais quelle est la différence entre ses « jeunes pousses » et d’autres startups ?

 

La principale est l’innovation disruptive : presque toutes les startups licornes ont perturbé l’industrie à laquelle elles appartiennent. Uber a changé la façon dont les gens réservent des taxis et se déplace dans les grandes villes. Au point que l’on parle maintenant d’Uberisation chaque fois qu’une société nouvelle bouscule les codes.

 

Airbnb a capitalisé sur l’économie du partage d’appartements et a révolutionné le tourisme et la façon de voyager au point qu’il est devenu un concurrent incontournable des Hôtels. Souvent ces startups ou licornes ont une telle puissance et se développent tellement rapidement qu’elles deviennent des menaces pour les états et leur économie.

 

Au Royaume-Uni, par exemple sous la pression des taxis traditionnels en difficulté, la capitale britannique a décidé purement et simplement d’interdire Uber dans les rues de Londres.

 

En France, on ne compte plus le nombre d’actions en justice que la ville de Paris a intenté contre Airbnb pour essayer de limiter son expansion. Dans d’autres pays, il est carrément illégal de faire appel au service de l’américain pour réserver un appartement.

 

Ces startups profitent souvent de ce que l’on appelle le « First-Mover advantage » ou l’avance que prend le premier arrivé dans un business disruptif. Les licornes étants les premières à ouvrir un marché qui permet de nouvelles perspectives et des profits économiques importants, elles surfent donc là-dessus pour établir leur succès.

 

Et même si la plupart d’entres elles sont des startups technologiques le terme licorne ne se limite pas à ce secteur. D’après le cabinet GP Bullhound, parmi toutes les startups, l’Europe compte 57 licornes européennes, dont seulement quatre licornes françaises : BlaBlaCar avec 1,6 milliard de valorisation, OVH avec 1,1 milliard, Deezer et Doctolib avec 1 milliard.

 

 

 

blablacar

 

 

 

BlaBlaCar est un service de covoiturage qui existe depuis 2006 et disponible dans 22 pays. La plate-forme compte 70 millions d’utilisateurs, dont huit millions de conducteurs actifs.

 

Le principe est simple : les conducteurs qui sont sur le point de faire un long voyage par exemple Paris-Marseille, peuvent offrir sur internet les places libres qui leur restent dans leur voiture. Les autres voyageurs qui doivent faire le même voyage peuvent donc payer pour faire du covoiturage avec eux.

 

Les automobilistes ne sont pas autorisés à faire de profits, les coûts ne couvrent donc que l’essence et les assurances. BlaBlaCar a connu une croissance massive au cours des dernières années, s’étendant à 19 nouveaux pays entre 2011 et 2016.

 

La société envisage de s’étendre à d’autres moyens de transport. La licorne française a déjà acquis Ouibus, un opérateur de bus circulant entre les grandes villes. Tout comme les utilisateurs peuvent réserver une place dans une voiture privée, ils peuvent désormais réserver des places dans ces bus via la plate-forme. BlaBlaLines est une autre nouvelle entreprise, une application de covoiturage qui vise spécifiquement les déplacements quotidiens. Pour le moment, l’application n’est disponible qu’en France, mais BlaBlaCar espère étendre son service à d’autres pays.

 

 

ovh

 

 

OVH est un fournisseur de premier plan de services dans le cloud, dont l’hébergement de sites internet. Actuellement, seul fournisseur de cloud mondial non américain, OVH a ouvert son premier centre de données en 2001, produisant son premier serveur en 2002 et ouvrant ses premières filiales européennes en Espagne et en Pologne dès 2004. En 2009, OVH a suivi le chemin de la téléphonie IP, qui l’a amené sur le marché du cloud-computing.

 

Puis, en 2011, OVH est devenu un fournisseur de services internet officiel en France et a décidé de construire le plus grand centre de données au monde et d’étendre sa présence en Amérique du Nord et Canada. OVH s’est rapidement développé pour devenir un fournisseur de premier plan d’infrastructure cloud dédiée.

 

Aujourd’hui, la société compte plus de 20 centres de traitement de données opérationnels dans le monde, contenant environ 270 000 machines, ainsi que 18 millions de sites Web et 4 millions de noms de domaine. Statut de Licorne française, OVH revendique également une solide feuille de route en matière d’innovation et dispose d’une équipe de 400 ingénieurs dédiés à la recherche et au développement.

 

 

deezer

 

 

Deezer est le service français d’écoute de musique en streaming créé par deux cofondateurs Daniel Marhely et Jonathan Benassaya. Lancé en août 2007, il compte aujourd’hui 14 millions d’utilisateurs actifs et un chiffre d’affaires annuel de 300 millions d’euros. Il a atteint le rang de licorne en voyant sa capitalisation passer à plus d’un milliard de dollars. Lors de sa création en août 2007, le site était entièrement gratuit. Il s’est mis à proposer des services payants à partir de novembre 2009.

 

Désormais, le service gratuit oblige l’écoute de publicités audio. Depuis l’écoute sans limites se fait par abonnement. En septembre 2011, Deezer s’est lancé à l’international avec l’ouverture de Deezer UK et a signé un partenariat mondial avec Facebook pour l’intégration de Deezer au sein des réseaux sociaux. En octobre 2012, avec un catalogue de 20 millions de titres, il rassemblait 2 millions d’abonnés payants. Cependant même si Deezer s’est beaucoup internationalisé il reste absent entre autres de la Chine, de l’Inde et du Japon.

 

Aujourd’hui, l’avance prise par les concurrents comme spotify ou Apple Music fait douter certains observateurs quant à la réelle valorisation de l’entreprise française. Le report d’introduction en bourse et le désengagement de certains fonds d’investissement sur des levées de fonds en cours ne sont pas fait pour arranger pas les choses.

 

 

Doctolib

 

 

Doctolib est un service en ligne de prise et de gestion de rendez-vous médicaux mettant en relation des patients et des professionnels de santé. Fondé en 2013 à Paris par Stanislas Niox-Chateau, ce site a pour ambition de rendre notre système de santé plus efficace et connecté en facilitant la prise de rendez-vous chez un praticien.

 

Doctolib fournit également un logiciel de gestion pour les médecins en Europe et travaille avec 65 000 praticiens de santé. Chaque mois, 25 millions de patients visitent le site Web et l’application mobile de Doctolib. Pour les médecins, Doctolib est un service complet destiné à améliorer la gestion des réservations, à réduire les absences et à amener de nouveaux patients à leur cabinet. Pour les patients, Doctolib permet de rechercher un praticien de santé à proximité et de prendre rendez-vous 24/7 en quelques clics.

 

En à peine six ans d’existence, Doctolib a rejoint le cercle restreint des licornes françaises. Mais le site de réservation ne compte pas s’arrêter là puisque Doctolib a acquis MonDocteur, un des leaders européens de la prise de rendez-vous médicaux en ligne et espère devenir un acteur incontournable du médical en entraînant de plus en plus de praticiens dans l’utilisation de son service de réservation.

 

Si on appelle les sociétés non cotées qui dépassent le milliard d’euros de valorisation des licornes, certaines sociétés, autrefois licornes, car non-côtés n’en sont pas moins performantes !

 

La performance du français Criteo n’a rien d’imaginaire. Après son introduction en bourse en 2013, la société française de ciblage publicitaire sur internet a franchi le cap symbolique du milliard d’euros de chiffre d’affaires, avec un bénéfice net de 57 millions d’euros, poursuivant sa forte croissance jusqu’à aujourd’hui.

 

On peut citer également le site français vente-privée.com spécialiste du e-commerce qui a fait près de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Ou encore l’Allemand Zalando, spécialiste de la vente de chaussures par internet qui a réalisé plus de 4 milliards d’euros en 2017.

 

Plus généralement on peut citer des sociétés plus connues qui étaient autrefois de « simples » licornes comme l’américain Google ou encore Facebook. Ces startups faisaient partie d’une première génération de rares entreprises technologiques, dont la valeur atteignait 1 milliard de dollars. Nombre de ces sociétés ont maintenant construit des empires mondiaux. Mais ces sociétés technologiques valant un milliard de dollars que l’on pouvait compter sur les doigts d’une main autrefois sont maintenant assez nombreuses. Certaines des start-ups sont devenues des géants avant même d’être cotées en bourse : Uber, par exemple, pourrait atteindre une valorisation de 120 milliards de dollars cette année.


Mais à mesure que ces entreprises se préparent à entrer en bourse, les opportunités faciles de perturber les marchés traditionnels comme les taxis ou le logement s’épuisent.

 

Maintenant, de nombreuses startups qui pourraient devenir les prochaines licornes se concentrent principalement sur les logiciels destinés à des industries spécifiques telles que les exploitations agricoles, les banques et les sociétés du secteur des sciences de la vie.

 

C’est ce qui ressort d’une analyse du New York Times réalisée par CB Insights, une entreprise qui surveille le capital-risque et les entreprises en démarrage. CB Insights a utilisé diverses données, notamment la santé financière, la force et la taille du marché desservi par une entreprise, pour identifier 50 entreprises en démarrage susceptibles d’être évaluées à un milliard de dollars.

 


Les lancements de logiciels peuvent sembler ennuyeux. Mais beaucoup d’entre eux connaissent une croissance rapide parce que des industries telles que l’agriculture nécessitent davantage d’outils logiciels pour s’adapter à l’ère technologique. Ce n’est pas aussi sexy que les entreprises de la première vague, mais un grand nombre de ces industries sont gigantesques et doivent être modernisées.

 

CB Insights à également identifié trois start-ups populaires auprès des femmes (Glossier, Zola et Faire) en tant que futurs candidates licornes. Certaines de ces entreprises pourraient rapidement atteindre le seuil du milliard de dollars, car aujourd’hui ces startups licornes sont créées plus rapidement que jamais. Les nouvelles levées de fonds de 100 millions de dollars ou plus sont devenues courantes. Il existe aujourd’hui 315 licornes dans le monde, contre 131 en 2015.

 

De plus, CB Insights, a identifié cinq sociétés en Inde, quatre en Chine et trois en Amérique latine comme candidats possibles pour une valorisation d’un milliard de dollars. Ils vont de CargoX, une jeune entreprise brésilienne utilisant la technologie pour rendre les entreprises de transport plus efficaces, à Deputy, une société australienne qui fournit aux entreprises des outils pour gérer les heures de travail des employés.

 

Pourtant, construire une entreprise d’un milliard de dollars de valorisation à partir de zéro reste un challenge et même un exploit incroyablement difficile. Selon CB Insights, l’année dernière, les chances de devenir une licorne étaient de moins de 1 % pour les entreprises qui avaient su lever du capital risque sur leurs premières années d’activité.