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A quoi servent les fonds d’investissement ?

Si vous possédez une startup ou une entreprise à fort développement il y a de fortes chances que vous ayez besoin d’effectuer une ou plusieurs levées de fonds durant la vie de votre société.

Lever des fonds signifie mobiliser une sommes d’argent qui ne vient pas de votre propre activité mais d’acteurs tiers à votre entreprise. Lorsque les montants à mobiliser sont trop élevés pour les amis et la famille, par exemple si la société est en phase d’amorçage, ou pour des Business Angels lors d’un premier tour de table, alors vous allez devoir faire appels à des fonds d’investissements.

Un fonds d’investissement est une société publique ou privée qui investit du capital en « private-equity » dans des projets d’entreprises correspondant à ses spécialités. Les fonds peuvent revêtir plusieurs formes juridiques (Société d’Investissement, à Capital Variable, Fonds Commun de Placement, etc.). Il existent différentes typologies de fonds d’investissement qui correspondent bien souvent au type de secteur où l’investissement est envisagé.

Les fonds d’investissement peuvent faire partie de banques, d’organismes de financement, mais aussi appartenir à des personnes individuelles. Ils sont souvent spécialisés dans un secteur. Les capitaux peuvent être versés au démarrage de la vie de l’entreprise : il s’agit alors de capital risque. Si la société fait appel au fonds d’investissement pour financer son développement, l’activité de financement est appelée capital-développement.

On peut citer les structures d’investissements institutionnelles comme les structures régionales. Ils réalisent des prises de participations minoritaires dans les startups à forte croissance, souvent en co-investissement avec d’autres investisseurs (groupe de Business Angels principalement).

Ces acteurs régionaux sont majoritairement privés, mais une partie de leur capital est public. L’avantage est que cela leur permet de prendre plus de risques lors d’une levée de fonds, car leurs actionnaires publics acceptent une rentabilité moindre pour favoriser le développement économique. A titre d’exemple on peut citer Capital Grand Est qui est une société de gestion régionale en capital investissement et qui intervient sur des tickets en général compris entre 50 et 500 K€. L’inconvénient de ces fonds régionaux est qu’ils sont relativement peu nombreux et que, sauf exceptions, ils ne peuvent investir que dans des sociétés implantées dans la région dont ils sont issus.

Il y a également les investisseurs institutionnels nationaux. Ils peuvent investir des montants significatifs, jusqu’à plusieurs millions selon les structures. Ces fonds ont des formes juridiques très variées, dépendant de leurs souscripteurs (actionnaires) et des objectifs qu’ils visent. Leurs statuts prévoient des délais plus ou moins longs au terme desquels les fonds sont liquidés, et les montants issus des ventes restitués aux souscripteurs.

Leurs principales formes juridiques sont :

  Les Fonds Communs de Placement à Risque (FCPR),

  Les Fonds Communs de Placement dans l’Innovation (FCPI), qui collectent leurs fonds auprès d’investisseurs particuliers (bénéficiant alors d’un avantage fiscal sur leur imposition).

  Les Fonds d’Investissements de Proximité (FIP)

Les sociétés de gestion gèrent plusieurs fonds avec des profils de risques et des actionnaires différents, afin d’équilibrer leur portefeuille. Ils peuvent investir des montants élevés et ont la capacité financière d’accompagner les entreprises sur plusieurs tours de table.

Ces fonds peuvent souvent co-investir avec la Banque Public d’Investissements de façon à boucler plus facilement des tours de table. La BPI accordant le versement de la moitié de la somme déjà investie dès que la lettre d’intention d’un fond a été au préalable obtenue par l’entreprise.

Enfin on compte également les fonds liés à des industriels, le Corporate Venture.

Les structures de « Corporate Venture » sont des structures d’investissement détenues majoritairement par un ou plusieurs grands groupes industriels. Leur mission est en général d’assurer une veille technologique en amont, de favoriser l’émergence de technologies innovantes qui pourront ultérieurement les intéresser et de détecter de nouveaux marchés.

Leur mise en œuvre diverge selon les objectifs du groupe et leur adéquation avec la culture d’entreprise. L’expertise acquise et la caution offerte par ces grands groupes peut s’avérer très utile pour les entreprises qui en bénéficient.

Parmi les industriels qui font du Corporate Venture, on peut citer ceux des secteurs suivants :

  Les logiciels (Dassault Systèmes),

  La chimie (Rhodia, Saint-Gobain),

  L’énergie (Alstom, Suez Environnement, Total, Veolia).

En dehors d’une opération d’augmentation de capital impliquant un objectif de développement d’entreprise, vous pourriez être intéressé à titre personnel par des fonds d’investissement qu’on appelle plus généralement des fonds commun de placement.

Ces fonds vont investir sur les marchés financiers ou dans des produits d’assurance vie par exemple et n’ont d’autres objectifs que la réalisation de plus-values des paniers de titres, sélectionnés pour leur opportunité d’évolution. Ces fonds fonctionnent en multipropriété : quand vous investissez dans un fonds, vous achetez un titre de propriété qui correspond à une part d’un panier d’actions ou d’obligations déjà sélectionnées et gérées activement par des experts.

Ces fonds d’investissement sont constitués des sommes mises en commun par les différents investisseurs qui le composent. Ces montants sont ensuite placés dans différents produits, par exemple des actions, des obligations, des bons du Trésor, etc., dont la gestion est assurée par un gestionnaire de fonds.

Ces fonds communs de placement sont bien adaptés aux petits investisseurs qui peuvent ainsi bénéficier de l’effet de levier généré par la mise en commun des sommes des épargnants. Ils leur donnent aussi accès à une gamme d’investissements qui, autrement, serait hors de leur portée. Il en existe plusieurs types. Néanmoins, qu’ils soient axés sur le revenu, sur la sécurité ou sur la croissance, tous visent la diversification de votre portefeuille.

Les fonds d’actions comme leur nom l’indique sont constitués d’actions. Il existe des fonds d’actions nationaux, regroupant des actions ordinaires et des actions privilégiées de sociétés du CAC 40.

Quant aux fonds d’actions internationales, ils sont constitués d’actions de sociétés cotées en bourse dans les principaux pays industrialisés et certains pays émergents. Dans ces deux derniers cas, le taux de change influe évidemment sur le rendement de la capitalisation boursière à court, moyen ou long terme.

En règle générale, les fonds d’actions conviennent mieux à un profil qui a une plus grande tolérance au risque que lors d’une prise de participation au capital d’une startup. Leur diversification présente l’avantage de pouvoir être exposé à différents marchés.

Les fonds à revenu fixe proposent pour leur part un revenu régulier d’intérêts ou de dividendes tout en assurant la préservation du capital. Ils sont généralement constitués de titres d’emprunt comme des obligations ou encore des actions privilégiées de sociétés qui versent des dividendes régulières. Leur rendement est relativement modeste, mais les fonds à revenu fixe assurent des entrées stables et présentent un risque faible à moyen.

Les fonds équilibrés combinent l’achat d’actions ordinaires et privilégiées de sociétés nationales européennes ou internationales, de titres d’emprunt et d’instruments du marché monétaire. La diversification des placements leur assurent une certaine stabilité de rendement et leur confèrent un risque modéré.

Constitués de titres d’emprunt à court terme émis par des gouvernements (bons du Trésor, par exemple), ou par des sociétés, ainsi que d’obligations à court terme, les fonds du marché monétaire génèrent des rendements fixes mais peu élevés. Ils présentent l’avantage de sécuriser le capital ou d’abriter les liquidités en attendant de faire un autre type de placement.

Les fonds spécialisés visent à investir dans un secteur d’activité spécifique (métaux précieux, technologies, etc.) ou dans certaines régions du monde par l’intermédiaire d’actions de sociétés. Ils présentent un niveau de risque assez élevé relié au marché ou aux fluctuations de devises. Le manque de diversification ainsi que les problèmes politiques peuvent aussi diminuer leur rendement.

Les fonds indiciels sont des placements qui reproduisent le rendement d’un indice spécifique, par exemple un indice boursier, et qui évoluent au gré des hausses et des baisses de celui-ci. Le risque et le rendement sont donc étroitement liés à l’indice choisi.

Certains autres fonds peuvent se spécialiser dans des opération à long terme plus spécifiques comme les lbo où ils assurent en général le reste du financement combiné à l’emprunt. Ou encore ceux que l’on appelle les fonds à capital retournement qui apportent des capitaux à des entreprises en difficultés quand les autres sources de financement font défaut.

Cet apport est utilisé pour financer le plan de redressement et épurer une partie des dettes. En contrepartie de cette aide financière, le fond acquiert généralement la majorité de l’entreprise. Il peut alors orienter sa stratégie et engager sa restructuration.

Enfin il existe également les fonds commun de placement qui est une copropriété de valeurs mobilières qui émet des parts. Il n’a pas de personnalité morale. Chaque porteur de parts dispose d’un droit de copropriété sur les actifs du fonds, droit proportionnel au nombre de parts possédées. Les FCP sont beaucoup plus risqués et s’adressent à des investisseurs avertis.

On distingue également les fonds spéculatifs, appelés aussi hedge funds. Ce sont des placements à risque dans un environnement peu réglementé. Les gestionnaires recherchent des rentabilités élevées et utilisent des stratégies non autorisées pour les fonds d’investissement à gestion passive et active.

Ils peuvent notamment vendre à découvert et utiliser l’endettement pour augmenter leur capacité d’investissement (effet de levier). Investir dans les fonds spéculatifs peut représenter une source de diversification intéressante à condition de ne pas avoir une trop grande aversion aux risques. Si c’est votre cas, mieux vaut éviter les hedge funds.

Tous ces fonds de placement sont très prisés des investisseurs, car ils offrent plusieurs avantages, le principal avantage est leur qualité de gestion.

Ce sont des professionnels expérimentés qui gèrent pour vous à temps plein un portefeuille de titres. Autre avantage, ils permettent de diversifier vos investissements : les fonds contiennent non seulement une grande variété de titres mais proposent également différents types d’approches : par catégorie de fonds (actions, obligations et monétaires), par secteurs économiques, par zones géographiques, par taille d’actifs (petites et grandes capitalisations), par niveaux de risque (emprunts d’Etat, obligations à haut rendement, etc.), ce qui aide à moduler le risque global et à choisir le produit de placement qui correspond le mieux à ses objectifs.

Les frais de gestion et les droits d’entrée sont généralement peu élevés, ils permettent ainsi aux petits investisseurs d’atteindre des marchés qui ne leur sont pas facilement accessibles, en particulier les marchés étrangers.

Enfin, les fonds commun de placement peuvent donner accès à des liquidités, puisqu’on peut convertir à tout moment ses parts en espèces contrairement au fonds à valeurs de croissance qui ne distribuent pas de dividendes et préfèrent réinvestir les bénéfices dans leur propre croissance.

De plus, vous pouvez très facilement acheter ou vendre vos parts en vous mettant en relation avec un courtier, une banque ou d’une compagnie d’assurances ou même en ligne à partir d’un site internet.

Par contre, vous n’avez aucun contrôle sur les fonds d’investissement : vous ne pouvez pas influer sur les achats ou les ventes et vous ne connaissez jamais la composition exacte des fonds à tout moment. Vous ne pouvez pas non plus contrôler comment le cours de vos parts évoluent à la seconde près, comme c’est le cas pour les actions.

Lorsque vous achetez ou vendez vos parts, vous n’en connaissez la valeur que quelques heures après, le temps que le fonds évalue sa valeur liquidative au moment de l’achat ou de la vente de vos titres. Quant aux frais de gestion, vous êtes obligés de les payer chaque année, même si les résultats des fonds dans lesquels vous avez investis sont négatifs.

Au final, les fonds d’investissement représentent incontestablement une option intéressante mais encore faut-il savoir dans lesquels investir. Avant de prendre une décision établissez votre profil d’investisseur, vos capacités et vos objectifs de rendement à court ou moyen terme.

Vous pourrez ainsi prendre les décisions adaptées à vos centres d’intérêts et générer un fonds de roulement d’investissement permettant à terme d’obtenir de bonnes performances pour votre portefeuille.

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