Comment maximiser le ciblage B2B grâce aux données CRM pour les campagnes CTV

Etienne  Alcouffe
linkedinEtienne Alcouffemercredi 18 février 2026
Comment maximiser le ciblage B2B grâce aux données CRM pour les campagnes CTV
9 min

La publicite numérique regroupe l’ensemble des formats d’annonces achetés sur des canaux digitaux : search (Google ads), display, social (LinkedIn ads), video, audio, retail media (Amazon), et publicite programmatique via une DSP. En B2B, la CTV ajoute une couche : vous achetez de l’inventaire TV connecté, souvent au CPM, avec des signaux d’audience plus agrégés. Le piège ? Traiter la CTV comme un simple levier de taux conversion. Sur ce canal, l’objectif réaliste est d’abord la notoriété, la mémorisation, puis l’aide à la considération dans le parcours achat.

Le vrai problème du ciblage CTV B2B : beaucoup de reach, peu de précision

En CTV, la promesse est séduisante : toucher des utilisateurs dans un contexte premium, et renforcer la crédibilité. Mais les décideurs ne se déclarent pas avec un badge. Vous ciblez des foyers, des appareils, parfois des segments de contenu. Si votre strategie se limite à “IT managers en France”, vous payez de la couverture, pas de l’influence.

Le second problème est la mesure. Entre la visionnage partiel, les expositions multi-écrans, et l’attribution cross-device, Google analytics ne voit pas tout, ce qui complique aussi la lecture seo et la part de l’acquisition incrémentale. Résultat, on conclut trop vite que “ça ne marche pas”. Il faut plutôt relier média et business via des indicateurs adaptés : uplift de trafic direct, hausse des recherches de marque, progression du CTR sur les formats de retargeting, et volume de génération leads pour juger les résultats.

First party data : vos donnees CRM comme boussole (pas comme baguette magique)

Les first party data, ce sont vos données de première main : CRM pour les contacts et comptes, historique d’opportunités, données de marketing automation, comportements sur sites web applications, et interactions email. Elles ont deux avantages. Elles sont propres à votre business, et elles vous aident à définir un ICP (Ideal Customer Profile) crédible.

Concrètement, un CRM marketing bien tenu permet de segmenter par secteur activite fonction, taille d’entreprise, stade pipeline, et valeur projet. Vous pouvez ensuite alimenter des listes pour des publicités, faire du match en walled gardens (Google, LinkedIn), et construire une approche account based marketing. L’objectif n’est pas de “pister” un individu, mais d’orchestrer une pression média cohérente autour des comptes prioritaires et de vos clients potentiels.

Point clé côté exécution : pensez “qualité de donnée” avant “volume”. Dédupliquez les comptes, normalisez les champs (pays, industry, taille, domaine email), et imposez une gouvernance minimale (propriétaire du champ, fréquence de mise à jour, règles de complétion). Sans cette discipline, vos audiences se fragmentent et vos analyses post-campagne deviennent difficiles à interpréter.

Segmentation concrète : de la base CRM à des audiences activables

Commencez par nettoyer vos donnees. Une base incomplète dégrade tout, du ciblage au CPL cout lead. Puis, construisez 3 segments simples, qui parlent business :

  • Comptes coeur ICP, basés sur LTV potentiel, marge, et cycles de vente.

  • Comptes en accélération, déjà exposés à votre contenu (webinars, livres blancs, fil actualite, visites clés).

  • Comptes dormants, à réactiver avec un message de différenciation.

Ensuite, mappez ces segments à vos achats média. En CTV, vous visez la couverture qualifiée et la répétition. Sur les reseaux sociaux, vous cherchez la précision et la preuve. Sur Google ads, vous captez l’intention. Votre plan devient un système, pas une juxtaposition de campagnes, avec un mode de diffusion clair par segment, et des annonces adaptées à chaque étape.

Astuce opérationnelle : marquez vos audiences selon le parcours achat, puis adaptez la création. Les premieres secondes video doivent annoncer le bénéfice, pas votre logo. Soignez aussi l’image et le rythme pour éviter l’effet “spot recyclé”. Ajoutez un CTA clair, mais évitez la promesse “demo immédiate” si votre offre est complexe. Préférez une landing page orientée valeur (preuve, cas d’usage, secteur) et testez plusieurs landing pages pour améliorer l’acquisition et les résultats.

Pour optimiser réellement, ajoutez une logique de priorisation : commencez par les 20% de comptes qui pèsent 80% de votre pipe potentiel, puis élargissez seulement quand vous avez stabilisé fréquence, créas et pages d’atterrissage. Côté CTV, fixez des garde-fous simples (cap de fréquence par semaine, durée de vol minimum, rotation créative) afin d’éviter la surpression et la fatigue publicitaire.

Retargeting : relier CTV, LinkedIn et Google sans diluer le message

La CTV déclenche l’intérêt, le retargeting transforme cet intérêt en action. Deux scénarios fonctionnent souvent :

  • CTV pour la notoriété, puis retargeting sur reseau display google ou YouTube, avec contrôle de fréquence et des publicités de rappel.

  • CTV, puis LinkedIn ads ciblant les fonctions clés, avec des contenus de réassurance (études, comparatifs, ROI, Gartner) et des publicités adaptées.

Pour optimiser campagnes, alignez les messages. Une vidéo CTV “vision” et un post LinkedIn “produit” sans lien créent de la friction. Gardez un fil rouge, et mesurez les conversions Google ads sur des micro-actions (visite pricing, téléchargement, demande de contact). Le pilotage se fait à la fois au CPC sur search, au CPM sur CTV, et au CPL sur vos formulaires, en gardant le même format de reporting d’un canal à l’autre.

Conseil pratique : structurez le retargeting en fenêtres temporelles (ex. J+1 à J+7, J+8 à J+21, J+22 à J+60) avec des promesses progressives. Plus on est proche de l’exposition CTV, plus le message doit être simple et mémorisable ; plus on s’éloigne, plus vous pouvez introduire une preuve (cas client, benchmark, calculateur ROI) et un CTA plus engageant.

LinkedIn : puissant, cher, et très spécifique

LinkedIn est un média B2B à part. Son avantage est la granularité par fonction, séniorité, entreprise. Son inconvénient est le coût, et une saturation rapide si la création est faible. Utilisez LinkedIn campaign manager et, si pertinent, campaign manager pour séparer prospection et retargeting. Pour renforcer visibilite, combinez formats : vidéo courte, document ads, et carrousel, chacun renvoyant vers une landing page adaptée, en mode test & learn.

Côté tracking, ne vous contentez pas du dernier clic. Évaluez aussi l’impact sur le volume de recherches de marque et sur le taux conversion des leads déjà chauds. Un bon signal est la baisse du cycle de vente sur les comptes exposés, notamment chez vos clients cibles.

CMP Ads : choisir le bon module sans perdre du temps

La question “Comment choisir entre les différents modules CMP Ads ?” revient souvent. Posez trois critères simples : (1) votre besoin de consentement sur sites web applications (bannières, catégories), (2) l’intégration avec vos tags (Google analytics, pixels), (3) la gestion des préférences et la preuve de consentement. Si vous faites beaucoup de publicite programmatique pour la CTV, priorisez la compatibilité IAB TCF et la qualité du reporting. Si votre enjeu est Google ads pour le search, vérifiez surtout la simplicité de déploiement et la fiabilité des déclenchements, sans dégrader le seo.

Erreurs fréquentes et données d’intérêts en temps réel

Quelles sont les erreurs courantes à éviter dans les campagnes digitales ? La première est d’acheter trop large “pour apprendre”, ce qui brûle du budget sans enseignements actionnables. La seconde est d’exiger un ROAS immédiat sur la CTV. La troisième est de négliger la création (surtout les premieres secondes video). Une autre erreur : envoyer tout le monde vers une page générique, au lieu de segmenter les landing pages par industrie.

Comment pouvez-vous tirer parti des données sur les intérêts en temps réel ? Utilisez-les comme couche d’ajustement, pas comme coeur de ciblage. Par exemple, sur la CTV ou le display, augmentez la pression quand un compte montre des signaux (visites répétées, ouverture d’email, interaction avec un contenu). Avec des outils d’intelligence artificielle côté achat média (y compris chatgpt pour accélérer l’idéation créative et les variations de messages), vous pouvez optimiser la diffusion en programmatique, notamment en jouant sur l’audio des créations quand c’est pertinent. Gardez un contrôle humain sur les exclusions, la fréquence et la brand safety, et reliez ces signaux à la recherche et aux résultats business.

Pré requis 2026 : mesure, attentes réalistes, et discipline CRM

Pour 2026, la meilleure pratique est d’unifier : CRM pour l’identification des comptes, marketing automation pour les scénarios, et une mesure qui accepte l’incrémental. Définissez des KPI mixtes : reach qualifié, uplift de trafic, CTR sur retargeting, volume d’opportunités, et LTV attendu. Puis, faites une revue mensuelle pour evaluer performances et arbitrer les budgets entre Google, LinkedIn, et CTV, en suivant un mode d’acquisition comparable entre leviers.

Sur l’acquisition, les équipes les plus performantes vont formaliser un cadre de test : 1 hypothèse = 1 variable (audience, créa, landing page, cap de fréquence), une durée minimale d’apprentissage, et une règle de décision écrite (on scale / on itère / on coupe). C’est particulièrement important en CTV où les signaux de conversion sont indirects : votre avantage compétitif vient de la rigueur de mesure, pas d’un “ciblage secret”.

Enfin, anticipez les exigences privacy et l’évolution des identifiants : privilégiez des activations basées sur vos segments CRM (comptes, industries, stades) et sur des cohorte de signaux, plutôt que de dépendre d’un seul mécanisme de matching. Cette résilience devient un prérequis, surtout quand vos cycles B2B dépassent 60 à 120 jours.

À mettre en place tout de suite (pour passer de la théorie à l’impact)

Si vous voulez appliquer ces principes sans complexifier votre stack, commencez par trois actions simples : (1) verrouiller votre liste “Comptes coeur ICP” (50 à 200 comptes), (2) écrire une matrice message x segment (1 promesse, 1 preuve, 1 CTA), (3) mettre en place un reporting unique qui relie exposition CTV, retargeting et évolution du pipeline.

L’objectif est de rendre la CTV “pilotable” dans un contexte B2B : moins de débats d’opinion, plus de décisions basées sur des signaux cohérents entre CRM, média et business. À ce stade, vous aurez déjà une base solide pour augmenter les budgets sans perdre en précision.

Questions fréquentes sur l’usage des données CRM en CTV B2B

Peut-on cibler directement des contacts CRM en CTV ?

En pratique, la CTV cible rarement un individu identifié ; vous activez plutôt des segments agrégés (foyers/appareils) à partir d’un match ou de proxys. La bonne approche consiste à utiliser vos données CRM pour définir les comptes prioritaires et orchestrer la pression média, puis à déplacer la précision (fonction, séniorité) vers LinkedIn et le search.

Quels KPI suivre pour juger une campagne CTV B2B ?

Combinez des KPI média (reach, fréquence, complétion vidéo) et des KPI business (uplift de trafic direct, hausse de recherche marque, CTR et conversions en retargeting, opportunités créées sur les comptes exposés). L’important est la cohérence de lecture : une CTV efficace améliore souvent les performances des autres canaux, même si son last-click est faible.

Comment éviter de sur-solliciter les mêmes comptes ?

Fixez un cap de fréquence CTV et une rotation créative, puis dédupliquez vos audiences entre CTV, display et social quand c’est possible. Côté CRM, excluez explicitement les clients existants (si l’objectif est l’acquisition) ou, au contraire, créez un flux dédié “expansion” avec des messages et KPI distincts.

Quelle taille de base CRM faut-il pour que ça marche ?

Il n’y a pas de seuil unique : une base plus petite mais propre (bons domaines, comptes dédoublonnés, champs complétés) surperforme souvent une base volumineuse et bruitée. En ABM, l’enjeu n’est pas le volume mais la capacité à prioriser et à mesurer sur les bons comptes.

Comment inciter les équipes commerciales à contribuer à la qualité CRM ?

Reliez la complétion des champs à un bénéfice opérationnel (meilleures priorités de comptes, contenus plus pertinents, baisse du cycle de vente) et mettez en place des règles simples de gouvernance. Un rituel mensuel marketing + sales sur “comptes exposés vs pipe créé” est souvent plus efficace qu’une injonction générique à “mieux remplir le CRM”.

Un dernier levier : faites circuler ces méthodes en interne

Si cet article vous a aidé, partagez-le à un collègue marketing ou revenue. Les conseils pour mieux orchestrer vos campagnes sont rarement au même endroit, et vos équipes y gagneront du temps. Pensez aussi à relier chaque campagne à un enjeu client, et à prioriser les produits les plus différenciants dans vos prises de parole.

Vous pouvez aussi le transférer à votre équipe sales, ops ou data : plus vos interlocuteurs partagent le même langage (ICP, segments, fréquence, incrémental), plus vos arbitrages budgétaires deviennent rapides et factuels.

Etienne  Alcouffe
linkedinEtienne Alcouffemercredi 18 février 2026

Fondateur et CEO de Junto

Fondateur & CEO de Junto, Étienne est entrepreneur et consultant en marketing digital depuis plus de 15 ans. Expert en Paid Media, SEO, Data, Automatisation, IA, Growth et Performance, il accompagne les entreprises ambitieuses dans la mise en place de stratégies de croissance à fort impact, avec pour objectif de générer des résultats durables et d’aider les marques à progresser dans un environnement digital en constante évolution.

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