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Réussir une campagne SEA lors d’un rebranding : méthode & ROI

Etienne  Alcouffe
linkedinEtienne Alcouffemercredi 14 janvier 2026
Réussir une campagne SEA lors d’un rebranding : méthode & ROI
11 min

Réussir une campagne SEA lors d’un rebranding : méthode & ROI

Quand une entreprise change de nom, de plateforme ou de positionnement, la tentation est forte de “relancer” Google Ads comme si on repartait de zéro. Or, le vrai enjeu n’est pas d’augmenter le budget ou de multiplier les annonces : c’est de préserver la performance pendant la transition, puis d’accélérer une fois l’identité stabilisée. Dans cet article, on décortique une approche stratégie SEA pensée pour un rebranding : priorisation, messages, landing page et suivi des KPIs pour protéger le retour investissement.

Contexte : une campagne SEA à mener pendant un changement de marque

Le cas est classique : une marque B2C (appelons-la “Nohée” pour rester dans l’esprit de l’exemple d’une campagne récompensée côté marché) change d’identité, avec une nouvelle charte, un nouveau site, et une nouvelle promesse. La direction attend des résultats tout de suite, car le marketing ne peut pas se permettre un trou d’air sur le canal payant.

Dans ce contexte, le SEA (Search Engine Advertising) sert de filet de sécurité : vous contrôlez vos campagnes, vos annonces et vos pages d’atterrissage pour rester visible sur les moteurs recherche. Mais c’est aussi un terrain miné : changements d’URL, nouvelles pages atterrissage, nouveaux messages… et donc risque sur le quality score, le CPC et le taux conversion.

Les enjeux business : protéger la demande, clarifier le message, éviter le gaspillage

Avant de parler tactique, il faut cadrer les enjeux. Pendant un rebranding, vous payez (au moins) deux coûts : un coût de notoriété (il faut réexpliquer qui vous êtes) et un coût d’exécution (refonte, tracking, nouvelles landing pages). L’objectif de la campagne n’est donc pas seulement “faire du trafic”, mais :

  • Assurer la continuité : capter la demande existante sur la recherche (marque, produits, catégories).

  • Maîtriser la perception : aligner les annonces et la page avec la nouvelle promesse.

  • Optimiser l’allocation : ne pas brûler le budget sur des requêtes trop larges ou mal qualifiées.

Autre point souvent sous-estimé par les décideurs : le SEO et le SEA doivent se parler. Un rebranding affecte la structure des pages, les redirections, parfois même les intentions. Si le SEO traverse une zone de turbulences (ce qui arrive), le SEA peut amortir — mais uniquement si les messages et les landing pages sont cohérents. On est en plein SEO SEA : coordination, pas compétition.

Avant de lancer : check-list “rebranding + SEA” (à valider avec SEO, dev et juridique)

Un rebranding réussi en SEA se joue souvent avant le premier clic : si la base (tracking + URLs + conformité) est fragile, l’optimisation n’aura rien à “nourrir”. Pour éviter les mauvaises surprises, faites une check-list rapide, puis figez les prérequis.

Socle technique & tracking : vérifiez que les événements de conversion (achat, lead, appel, prise de RDV) fonctionnent sur le nouveau site, que les UTM sont cohérents et que l’attribution n’a pas changé “sans le dire”. Si vous migrez vers GA4, profitez du rebranding pour documenter ce qui est mesuré (et pourquoi), sinon les reportings deviennent inexploitables.

Migration d’URLs : assurez-vous que les redirections 301 sont en place (ancienne URL → nouvelle URL), que les pages SEA pointent vers des URLs finales stables, et que les pages “transition” existent si nécessaire (ex. page « X devient Y »). Un rebranding peut faire chuter le Quality Score si la page de destination change trop souvent ou devient lente/instable.

Brand safety & conformité : validez le nouveau nom dans les annonces (orthographe, accents, majuscules), les mentions légales (si vous annoncez une offre), et les politiques Google Ads (secteurs sensibles, claims, garanties). On évite ainsi des refus d’annonces au pire moment (jour de lancement).

Déroulé : les étapes clés pour élaborer une stratégie SEA efficace

Voici le déroulé qui fonctionne dans la vraie vie (et qui tient face à un comité de direction). L’idée : construire une stratégie qui priorise l’impact business et réduit l’incertitude.

1) Audit rapide et cadrage des objectifs

On part des objectifs : ventes, leads, prises de RDV, ou trafic qualifié. Puis on traduit en objectifs SEA. En rebranding, on ajoute presque toujours un objectif de “continuité” : ne pas perdre la demande existante.

  • Analyse des campagnes SEA historiques : performance par groupes annonces, requêtes, devices.

  • Lecture des signaux dans Google analytics et Google Search console (même si ce dernier est plutôt SEO, il éclaire les requêtes et les pages).

  • Cartographie des risques : pages supprimées, changements d’URL, promesse modifiée.

Conseil “performance” : posez dès ce moment un cadre chiffré simple (ex. CPA cible, ROAS cible, volume minimum de conversions/semaine). Ce cadre vous évite de piloter “au CPC” et vous force à arbitrer : qu’est-ce qu’on protège pendant la transition, et qu’est-ce qu’on teste ? En rebranding, une stratégie performante, c’est souvent moins de campagnes mais mieux priorisées, avec des messages maîtrisés et des pages qui convertissent.

2) Recherche et structuration des mots-clés (avec garde-fous)

La phase de recherche de mots clés pertinents ne doit pas être “une liste de 500 mots”. Elle doit servir une structure. On combine généralement :

  • Une base via Google keyword planner (volumes, concurrence, tendances).

  • Une analyse concurrence (messages, offres, angles, catégories captées).

  • Une segmentation : marque (ancienne + nouvelle), catégories, intentions “problème/solution”.

Surtout, on verrouille les clés négatifs dès le départ pour éviter de payer des clics hors-scope. En rebranding, c’est fréquent : l’ancienne marque génère des requêtes ambiguës, ou des recherches liées à un homonyme (sur Google, ça va vite).

Astuce rebranding : structurez vos campagnes par “phase” plutôt que par simple logique produit. Par exemple, gardez une campagne Ancienne marque (avec annonces de transition), une campagne Nouvelle marque (avec messages stabilisés) et une campagne Catégories (intentions non-marque). Cela vous aide à lire l’effet du changement de nom et à ajuster les budgets sans mélanger les signaux.

3) Conception des annonces : cohérence, différenciation, preuve

Une campagne Google Ads en rebranding doit expliquer sans sur-expliquer. Les Google Ads doivent porter le nouveau discours, tout en rassurant ceux qui cherchent l’ancienne marque. Concrètement :

  • Créer des variantes d’ads : “Nouveau nom = anciennement X”, puis progressivement réduire cette mention.

  • Travailler les bénéfices et la preuve (services, garanties, délais) avant les effets de style.

  • Aligner les titres avec la landing page : si la promesse n’est pas tenue sur la page, la conversion s’effondre.

À ce stade, le quality score devient votre KPI tactique : il reflète la pertinence entre requête, annonce et page. Il influence directement le CPC et la capacité à scaler sans exploser le budget.

Pour “booster” la performance, soyez volontaire sur les assets : ajoutez systématiquement des extensions pertinentes (liens annexes, accroches, extrait de site, image si éligible) et mettez à jour les titres pour intégrer la nouvelle promesse. Ce sont des leviers simples, souvent sous-utilisés, qui améliorent le CTR et la lisibilité de l’annonce sans forcément augmenter le budget.

4) Landing pages : une page d’atterrissage “rebranding-ready”

Beaucoup d’équipes investissent dans les annonces et négligent les landing page conversion. Pendant un changement de marque, c’est une erreur coûteuse. Une bonne landing page de transition doit :

  • Réduire l’incertitude : “Vous êtes au bon endroit” (ancienne marque vs nouvelle marque).

  • Mettre la proposition de valeur en 5 secondes : à qui on s’adresse, quel problème on résout.

  • Optimiser le parcours : CTA clair (un Cta principal), preuve sociale, éléments de réassurance.

Trade-off à assumer : produire plusieurs pages prend du temps (et nécessite l’alignement design/dev/marketing). Mais c’est souvent là que se gagne la marge : une hausse de conversion compense plus vite qu’une micro-optimisation d’enchères.

Idée simple mais efficace : une section courte “Avant / Après” sur la landing (ex. « Nohée devient Nova — même équipe, même service ») + un bloc FAQ rebranding en bas de page. Vous baissez l’anxiété, vous réduisez les retours en arrière (pogo-sticking) et vous rendez le parcours plus fluide, ce qui aide aussi les signaux de qualité.

5) Enchères et pilotage : contrôler le budget avant d’accélérer

Sur les enchères, la discipline est simple : on sécurise d’abord, on accélère ensuite. Selon la maturité du compte, on peut :

  • Démarrer en manuel (ou eCPC) sur les segments sensibles, pour éviter les dérives en phase de données instables.

  • Puis passer à des stratégies automatiques une fois le tracking propre et les conversions stables.

  • Suivre le ROI et le maximiser non pas comme un slogan, mais comme une contrainte de pilotage.

Dans un rebranding, une campagne SEA performante est rarement celle qui a le plus de clics : c’est celle qui protège le bas de funnel et qui remet la machine en route sans inflation du CPC.

Pour accélérer sans risque, adoptez un rythme d’optimisation : (1) ajuster les budgets entre campagnes marque / non-marque, (2) nettoyer les termes de recherche et enrichir les négatifs, (3) itérer les annonces, (4) optimiser les landing pages. Cette routine, répétée chaque semaine, produit plus de gains qu’un “grand changement” mensuel.

6) Mesure et reporting : passer des données aux décisions

Pour mesurer proprement, l’équipe met en place un socle fiable : Google tag manager pour maîtriser les tags et événements, Google analytics pour lire les parcours, et un tableau de bord (souvent Google data studio, désormais Looker Studio) pour consolider les KPIs. L’objectif : éviter les débats “au feeling”.

  • KPIs d’acquisition : CPC, CTR, part d’impressions, coût.

  • KPIs de qualité : taux de conversion, valeur par session, taux de rebond des landing pages.

  • KPIs business : CPA/ROAS, marge, volume de leads qualifiés.

En période de transition, segmentez aussi le reporting : performance sur requêtes ancienne marque, nouvelle marque et génériques. Cela permet de repérer rapidement si le problème vient de la notoriété (marque), de l’offre (génériques) ou d’un souci de tracking/landing.

Résultats : ce qu’on peut raisonnablement attendre (et ce qu’on ne promet pas)

Sur ce type de dispositif, les résultats attendus sont surtout la stabilité et la reprise de contrôle : CPC sous contrôle, trafic qualifié maintenu, et remontée progressive de la conversion à mesure que la nouvelle identité s’installe. On observe aussi souvent une amélioration du message (donc du quality score) quand les annonces et les pages sont enfin alignées sur une promesse clarifiée.

Limite à garder en tête : si le rebranding s’accompagne d’un changement d’offre ou de pricing, le SEA ne “corrige” pas un positionnement flou. Il peut tester des messages, oui. Mais si la proposition de valeur n’est pas comprise, la meilleure optimisation d’ads ne sauvera pas le funnel.

Exemples inspirants : 3 scénarios SEA qui fonctionnent pendant un changement de marque

Les cas ci-dessous sont des scénarios fréquents (et inspirés de ce qu’on voit en agence). L’objectif n’est pas de copier, mais de comprendre le mécanisme qui protège la perf pendant la bascule.

Exemple 1 — “Ancienne marque” protégée + message de transition Une entreprise change de nom. Elle conserve une campagne Brand sur l’ancienne marque pendant 6 à 10 semaines, avec des annonces du type « X devient Y » + une landing de transition. Résultat attendu : moins de fuite vers les comparateurs/concurrents, un CPA plus stable et un Quality Score qui se maintient grâce à la cohérence annonce/page.

Exemple 2 — Nouvelle marque en montée progressive (budget ramp-up) Au lieu de “tout basculer” le jour J, l’équipe lance la nouvelle marque en parallèle, avec un budget limité et des assets très alignés (titres, sitelinks, pages dédiées). Puis elle augmente le budget chaque semaine en fonction des conversions réelles. Résultat attendu : apprentissage plus propre des stratégies automatiques et moins de volatilité sur le CPC.

Exemple 3 — Génériques orientés bénéfices (pas orientés marque) Quand le nom change, les requêtes génériques peuvent devenir un relais. L’équipe restructure ces campagnes par intentions (problème/solution) et renforce les négatifs. Elle mise sur la preuve (avis, garanties, délais) plutôt que sur la notoriété. Résultat attendu : volume additionnel sans dépendre uniquement du trafic marque, avec un meilleur taux de conversion sur des landing pages très ciblées.

Reconnaissance : pourquoi une campagne peut être récompensée en période de rebranding

Les campagnes qui se démarquent (et qui décrochent une reconnaissance métier) ne sont pas celles qui empilent des hacks. Elles font trois choses très bien : une stratégie claire, une exécution rigoureuse, et une transparence de pilotage. C’est typiquement ce qui différencie un bon search engine marketing d’un simple achat média.

En pratique, la reconnaissance vient souvent de la capacité à orchestrer plusieurs canaux : Google, Linkedin, Youtube en renfort pour travailler la demande et la notoriété, puis focus sur le Search pour capter l’intention forte. Certaines équipes complètent aussi par réseaux sociaux pour accélérer la familiarité avec la nouvelle marque.

À retenir : une campagne “récompensée” n’est pas forcément la plus créative. C’est souvent celle qui rend les arbitrages lisibles (ce qu’on teste, ce qu’on stoppe, ce qu’on scale) et qui documente la démarche. Ce niveau de clarté rassure autant les jurys que… les directions financières.

Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter en SEA ?

  • Lancer la nouvelle marque sans protéger l’ancienne (vous payez alors vos propres pertes de notoriété).

  • Oublier les clés négatifs et laisser partir le budget sur des requêtes hors cible.

  • Envoyer toutes les annonces vers une homepage générique au lieu de vraies landing pages.

  • Changer trop de variables à la fois (structure, enchères, pages, messages) et ne plus savoir ce qui marche.

  • Suivre uniquement le CPC au lieu du coût par conversion et du ROI.

Comment mesurer l'efficacité d'une campagne SEA ?

On mesure en trois niveaux : performance média (CPC, CTR, quality score), performance de conversion (taux de conversion, CPA, valeur), et impact business (marge, revenus, volume de leads qualifiés). Le bon réflexe : définir 3 à 5 KPIs max visibles par le Comex, et garder le détail opérationnel pour l’équipe acquisition.

Enfin, comparez toujours “avant/après” avec prudence : un rebranding change la demande, donc les comparaisons strictes sont parfois biaisées. L’important est la trajectoire : stabiliser, puis optimiser.

Quels outils peuvent aider dans la gestion des campagnes SEA ?

  • Google ads : gestion des campagnes, tests d’annonces, enchères.

  • Google keyword planner : recherche de mots-clés et estimations.

  • Google analytics : lecture des parcours et des conversions.

  • Google tag manager : déploiement et fiabilité du tracking.

  • Google data studio (Looker Studio) : dashboards pour décider vite.

FAQ — SEA et changement de marque

Faut-il garder des annonces sur l’ancienne marque ? Oui, dans la majorité des cas. Garder une campagne sur l’ancienne marque (au moins temporairement) permet de capter les utilisateurs qui n’ont pas encore intégré le nouveau nom et d’éviter qu’ils partent chez un concurrent. Le message peut évoluer : d’abord « X devient Y », puis « Y (ex-X) » avant de supprimer la mention.

Combien de temps dure la “phase de transition” en SEA ? Souvent entre 4 et 12 semaines, selon la notoriété et la vitesse de migration (site, réseaux sociaux, presse, emails). L’important est de prendre une décision sur des données stables (volumes suffisants), pas sur 3 jours post-lancement.

Doit-on changer la structure du compte Google Ads pendant le rebranding ? Pas forcément. Si votre structure performe, évitez de tout refondre en même temps que le site et la marque. Privilégiez une transition contrôlée : nouvelles campagnes “Nouvelle marque” + protection “Ancienne marque”, puis consolidation une fois la performance stabilisée.

Que faire si le CPC augmente après le changement de marque ? C’est fréquent : votre nom est moins reconnu, le CTR baisse, le Quality Score peut bouger. Travaillez d’abord l’alignement annonce/page (promesse + preuves), ajoutez des extensions, et sécurisez les requêtes via des négatifs. Ensuite seulement, ajustez les enchères.

Comment éviter une baisse de conversions liée au nouveau site ? Testez la vitesse, les formulaires, les parcours mobile et le tracking avant d’augmenter les budgets. Une landing page “rebranding-ready” (réassurance + message clair + CTA unique) compense souvent plus qu’une optimisation d’enchères.

Conclusion : votre rebranding ne doit pas “casser” vos Google Ads

Réussir une stratégie SEA pendant un changement de marque, c’est accepter une approche plus méthodique que spectaculaire : clarifier les objectifs, structurer les mots-clés, écrire des annonces cohérentes, investir dans la landing page, puis piloter avec des KPIs fiables. Cette discipline permet de sécuriser la transition et de retrouver une croissance maîtrisée, plutôt qu’un yo-yo de performance.

Chez Junto, nous aidons les équipes marketing à orchestrer SEA, SEO et tracking lors des phases sensibles (rebranding, refonte, lancement). L’objectif : transformer un moment risqué en plan d’exécution mesurable, avec des arbitrages clairs entre coût, vitesse et performance.

Note : des acteurs comme Amazon sont souvent cités en référence sur la culture de la mesure et du test. L’important n’est pas de copier un géant, mais d’adopter la même rigueur sur vos données et vos décisions, quel que soit votre budget, en France ou ailleurs.

Etienne  Alcouffe
linkedinEtienne Alcouffemercredi 14 janvier 2026

Fondateur et CEO de Junto

Fondateur & CEO de Junto, Étienne est entrepreneur et consultant en marketing digital depuis plus de 15 ans. Expert en Paid Media, SEO, Data, Automatisation, IA, Growth et Performance, il accompagne les entreprises ambitieuses dans la mise en place de stratégies de croissance à fort impact, avec pour objectif de générer des résultats durables et d’aider les marques à progresser dans un environnement digital en constante évolution.

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