Y Combinator : financement d’amorçage pour les start-up

Etienne Alcouffevendredi 28 août 2020

Y Combinator est probablement l’un des accélérateurs de start-up les plus renommés de Californie et par là même des États-Unis. Ainsi, nombreuses sont les start-up qui se portent candidates aux programmes proposés par « YC » dans l’espoir de bénéficier de « seed money », c’est-à-dire d’un financement d’amorçage, indispensable au bon démarrage des entreprises du secteur des nouvelles […]

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Y Combinator est probablement l’un des accélérateurs de start-up les plus renommés de Californie et par là même des États-Unis. Ainsi, nombreuses sont les start-up qui se portent candidates aux programmes proposés par « YC » dans l’espoir de bénéficier de « seed money », c’est-à-dire d’un financement d’amorçage, indispensable au bon démarrage des entreprises du secteur des nouvelles technologies qui en sont à un stade embryonnaire de leur développement. Mais avant de voir en détail à quoi ressemble Y Combinator, laissons les chiffres parler : YC, c’est plus de 2000 start-up amorcées depuis sa création en 2005, ce qui équivaut à une communauté d’environ 4000 startupers. Toutes ensemble, ces pépites passées par l’accélérateur de Mountain View représentent une valorisation estimée à plus de 100 milliards de dollars. Parmi les start-up amorcées par YC qui ont plutôt bien réussi, citons Airbnb, Dropbox, et Twitch. Selon Marc Andreessen, un des hommes et des investisseurs les plus influents et les plus respectés de la Silicon Valley, « Y Combinator est le meilleur programme de création d’entrepreneurs haut de gamme qui ait jamais existé ».

L’histoire de « YC »

Y Combinator est créé en 2005 par quatre jeunes entrepreneurs mordus d’informatique et de nouvelles technologies : Jessica Livingstone, Robert Tappan Morris, Paul Graham et Trevor Blackwell. Au départ de l’aventure, de 2005 à 2008, YC gérait deux programmes simultanément : un à Mountain View en Californie, et l’autre à Cambridge dans l’État du Massachusetts. En grandissant, Paul Graham et ses compères décident d’opter pour un lieu unique : évidemment, ça sera la Silicon Valley.

À partir de l’année 2009, Y combinator bénéficie d’un apport important de plus de 2 millions de dollars de la part de Sequoia Capital, une société de capital-risque spécialisée dans l’incubation et le financement d’entreprises innovantes, et fondée dès 1972 par Don Valentine, surnommé le « grand-père » du capital-risque de la Silicon Valley. Cet apport permettait à l’époque à YC d’investir dans une cinquantaine de start-up par an. L’année suivante, séduit et intéressé par le projet, Sequoia Capital récupérait plus de 8 millions de dollars pour faire en sorte que Y Combinator passe la vitesse supérieure.

En 2014, le fondateur Paul Graham quitte ses fonctions et Sam Altman prend alors la présidence de Y Combinator. Cette même année, Altman annonce un « New Deal » pour les start-up de YC, qui offre 150 000 dollars d’investissement en échange de 7 % de fonds propres.

Le 20 mai 2019, Sam Altman fait savoir à son tour qu’il démissionne et c’est Geoff Ralston devient président de Y Combinator. Le 20 avril 2020, Michael Seibel a déclaré que la session d’été 2020 se passerait entièrement en télétravail, en raison de la pandémie de COVID-19. Cela comprend des entrevues pour la phase de sélection, les heures de travail en commun au bureau, les discussions en soirée et les rencontres tout au long de la session.

Le système d’amorçage de Y Combinator

Le principe de base annoncé par Y Combinator est clair et simple : ils effectuent des investissements modestes en échange d’une faible participation dans les parts des sociétés qu’ils financent.

Ce qui les distingue de la plupart des autres investisseurs en capital-risque, c’est que chez Y Combinator, l’argent n’est qu’une composante infime du programme. Y Combinator considère d’ailleurs cet investissement comme une bourse d’études, une façon de subsister pendant la phase de création de l’entreprise. Ainsi, les jeunes entrepreneurs qui viennent se lancer avec Y Combinator recherche autant leur assistance et expertise que des fonds.

En fait, la chose la plus importante pour les fondateurs de l’accélérateur de start-up basé à Mountain View, c’est d’abord de travailler avec les jeunes pousses sélectionnées sur leurs projets. Avec leur expérience énorme, les Livingstone, Morris, Graham et Blackwell savent parfaitement comment rapidement comprendre dans quelle direction une idée à priori modeste doit être développée. Par exemple, les intervenants de Y Combinator se targuent d’être capables d’aider leurs poulains à trouver le nom adéquat pour leur entreprise et de concevoir un plan à long terme pour dominer leur segment d’activité.

Ensuite, la deuxième chose qui importe dans l’approche de Y Combinator, c’est d’aider les jeunes entrepreneurs à se frotter aux investisseurs et aux acquéreurs. Les experts de l’accélérateur de start-up californien passent beaucoup de temps à enseigner aux participants la bonne méthode pour présenter leur projet aux investisseurs et surtout à conclure un deal une fois qu’ils ont suscité leur intérêt.

Le fait que Y Combinator soit un acteur confirmé de l’accélération et de l’amorçage de start-up est également un facteur intéressant à prendre en compte, car les investisseurs potentiels sont plus à même de bien traiter les participants et futur chefs d’entreprises, sachant qu’il en va de leur réputation dans le microcosme de la Silicone Valley. En gros, si un investisseur ne se comporte pas bien avec une jeune pousse passée chez YC, les responsables de l’accélérateur de start-up feront en sorte de l’éloigner de deals à venir.

Il est aussi intéressant de souligner que Y Combinator intègre de manière impeccable les start-up dans lesquelles il investit en prenant soin de bien respecter les procédures légales, de telle sorte qu’aucun problème lié à la constitution de ces sociétés ne puisse se produire plus tard. Toutes les questions concernant la propriété intellectuelle et les brevets sont abordées et les fondateurs ont ainsi la possibilité de rencontrer des avocats spécialisés qui leur laisse des facilités pour différer le paiement de leur travail juridique. De plus, YC aide ses jeunes pousses à trouver et embaucher leurs premiers employés et collaborateurs.

Le format des programmes Y Combinator

Les sessions d’accélération de start-up ont lieu deux fois par an : une première fois de janvier à mars et ensuite de juin à août.

Pour postuler à Y Combinator, il vous suffit de remplir un formulaire de candidature. Les groupes les plus prometteurs sont invités à rencontrer un panel de décideurs qui font leur choix immédiatement après.

Les programmes YC durent trois mois durant lesquels les jeunes entrepreneurs participent à des rencontres en groupe toutes les deux semaines et ils ont également la possibilité d’entrer en contact avec les partenaires affiliés aussi souvent que nécessaire.

Lors de chaque session annuelle, une conférence hebdomadaire se tient à Y Combinator, avec un expert qui est invité à venir prendre la parole sur un domaine précis. En règle générale, les conférenciers sont soit d’anciens créateurs de start-up, soit des investisseurs en capital-risque ou bien des dirigeants d’entreprises technologiques bien connues de la Silicon Valley.

Une dizaine de semaines plus tard, une journée de démonstration pendant laquelle toutes les start-up peuvent présenter leurs produits et services à un public d’investisseurs est organisée.

Comme Y Combinator finance un grand nombre de start-up depuis tant d’années, il possède un vaste réseau d’anciens participants où subsistent une grosse solidarité et un esprit de corps. Par conséquent, quel que soit les problèmes auxquels les nouveaux participants sont confrontés, il y a toujours un espoir qu’un membre du réseau YC puisse les épauler.

La Philosophie Y Combinator

Les organisateurs et dirigeants de YC essaient d’interférer le moins possible dans les start-up qu’ils financent. Par exemple, YC ne prend pas de siège au conseil d’administration ou certains pouvoirs que d’autres investisseurs réclament parfois. En revanche, YC offre de nombreuses suggestions, qui ne sont d’ailleurs pas forcément suivis. Une des raisons pour lesquelles de jeunes entrepreneurs veulent démarrer une start-up, c’est souvent l’indépendance. Et c’est souvent une des explications qui aident à comprendre les clés de la réussite de l’accélérateur californien. Ainsi, il arrive que les investisseurs qui tentent de trop contrôler les entreprises qu’ils parrainent finissent souvent par les détruire.

C’est pour cela que Y Combinator est aussi flexible. Leur objectif est d’être la source privilégiée de financement d’amorçage pour leurs clusters de start-up, et de s’assurer que le travail et l’accompagnement sont bien réalisés pour tous les acteurs présents. Les bons créateurs de start-up se connaissent tous, donc si certains groupes ont le sentiment d’avoir obtenu un mauvais financement, cela fera une publicité négative pour YC. Il en va de même pour les investisseurs à un stade ultérieur (en particulier les sociétés de capital-risque) qui ont également tendance à se connaître, et qui ne voudront pas investir dans des entreprises qui  auraient été mal pilotées par Y Combinator.

Etienne  Alcouffe
Etienne Alcouffe

Fondateur et CEO de Junto

Fondateur & CEO de Junto, Étienne est entrepreneur et consultant en marketing digital depuis plus de 15 ans. Expert en Paid Media, SEO, Data, Automatisation, IA, Growth et Performance, il accompagne les entreprises ambitieuses dans la mise en place de stratégies de croissance à fort impact, avec pour objectif de générer des résultats durables et d’aider les marques à progresser dans un environnement digital en constante évolution.

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